Que peut-on voir avec un télescope amateur ? | SEVUN

Que peut-on voir avec un télescope amateur ? | SEVUN

Que peut-on vraiment voir avec un télescope amateur ?

C’est probablement l’une des premières questions que l’on se pose avant d’acheter un télescope :

qu’est-ce que je vais réellement voir avec ?

La réponse est beaucoup plus riche qu’on pourrait l’imaginer. La Lune et ses reliefs, les anneaux de Saturne, les satellites de Jupiter, des amas contenant des centaines d’étoiles, des nébuleuses et même des galaxies situées à des millions d’années-lumière sont accessibles aux astronomes amateurs.

Mais il faut aussi comprendre une chose essentielle : observer le ciel avec ses propres yeux est très différent de regarder une photographie astronomique.

Voyons donc ce que vous pouvez réellement espérer découvrir à l’oculaire d’un télescope amateur.

La Lune : un monde entier à explorer

La Lune est souvent le premier objet observé avec un télescope.

Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, elle ne devient pas moins intéressante avec l’expérience.

À l’oculaire, on peut découvrir :

  • de nombreux cratères ;
  • des chaînes montagneuses ;
  • de vastes plaines basaltiques appelées mers lunaires ;
  • des failles et autres formations géologiques ;
  • les ombres projetées par les reliefs.

L’aspect de la Lune change également chaque nuit.

Les observations sont particulièrement intéressantes autour du terminateur, la frontière entre la partie éclairée et la partie plongée dans l’obscurité. Lorsque le Soleil éclaire les reliefs avec un angle faible, les ombres deviennent beaucoup plus importantes et permettent de mieux percevoir le relief lunaire.

Il n’est donc pas nécessaire d’attendre la pleine Lune pour l’observer. C’est même souvent pendant les phases intermédiaires que ses paysages sont les plus spectaculaires.

Jupiter : une planète et son propre petit système

Jupiter constitue une autre cible remarquable pour débuter.

Même avec un instrument amateur, il est possible d’observer plusieurs détails.

Vous pourrez notamment distinguer les quatre principaux satellites de Jupiter : Io, Europe, Ganymède et Callisto.

Leur position évolue continuellement autour de la planète.

En réalisant plusieurs observations espacées de quelques heures ou de quelques jours, vous pourrez littéralement constater leur déplacement.

Avec de bonnes conditions d’observation et un instrument correctement réglé, les principales bandes nuageuses de Jupiter deviennent également visibles.

Il est parfois possible d’assister au passage d’un satellite devant la planète ou d’apercevoir son ombre projetée sur l’atmosphère jovienne.

L’observation devient alors véritablement dynamique.

Saturne : une image difficile à oublier

Il existe un moment dont beaucoup d’astronomes amateurs se souviennent :

la première fois qu’ils voient Saturne dans un télescope.

Ses anneaux sont réellement visibles à l’oculaire.

L’image sera évidemment beaucoup plus petite que les photographies réalisées par les grandes missions spatiales, mais la forme caractéristique de la planète apparaît immédiatement.

Selon le diamètre du télescope, les conditions atmosphériques et la position de Saturne, certains détails supplémentaires peuvent devenir perceptibles.

Titan, son plus grand satellite, est également accessible avec de nombreux instruments amateurs.

Saturne est probablement l’un des meilleurs exemples de ce qui rend l’observation astronomique particulière : savoir que la lumière qui arrive directement dans votre œil provient réellement de cette planète située à plus d’un milliard de kilomètres.

Mars et Vénus sont-elles également observables ?

Oui, mais elles offrent des expériences très différentes.

Vénus

Vénus est extrêmement brillante.

Avec un télescope, son observation permet surtout de découvrir ses phases, comparables à celles de la Lune.

Selon sa position par rapport à la Terre et au Soleil, elle peut apparaître presque pleine, gibbeuse ou sous la forme d’un croissant.

Mars

Mars peut révéler certains détails de sa surface, mais son observation dépend énormément de sa distance à la Terre.

Lorsqu’elle est favorablement positionnée, son diamètre apparent augmente et certaines formations sombres ainsi que les régions polaires peuvent devenir accessibles.

À d’autres périodes, elle apparaîtra simplement comme un petit disque orangé.

En astronomie, le moment où l’on observe compte donc autant que l’instrument utilisé.

Peut-on voir des étoiles de plus près ?

Voilà une petite surprise.

Même avec un télescope puissant, les étoiles restent généralement de simples points lumineux.

Elles sont tellement éloignées que leur disque reste inaccessible à la plupart des instruments amateurs.

Mais cela ne signifie absolument pas qu’elles ne présentent aucun intérêt.

Le ciel contient notamment de nombreuses étoiles doubles ou multiples.

Certaines révèlent des différences de luminosité ou de couleur particulièrement intéressantes.

Et lorsque les étoiles se regroupent par centaines ou milliers, l’expérience change complètement.

Les amas d’étoiles : parmi les plus belles cibles pour débuter

Les amas stellaires sont d’excellents objets pour découvrir le ciel profond.

Les Pléiades, par exemple, sont déjà visibles à l’œil nu sous un bon ciel.

Avec un instrument adapté et un faible grossissement, elles révèlent un magnifique champ d’étoiles.

D’autres amas, comme l’amas d’Hercule M13, présentent une apparence totalement différente.

Il s’agit d’un amas globulaire réunissant plusieurs centaines de milliers d’étoiles.

Avec un diamètre suffisant et de bonnes conditions, les zones périphériques commencent à se résoudre en étoiles individuelles.

Ces objets donnent une première idée de l’immensité de notre galaxie.

Peut-on vraiment observer des nébuleuses ?

Oui.

Certaines nébuleuses sont accessibles avec un télescope amateur et quelques-unes sont même visibles à l’œil nu dans d’excellentes conditions.

La plus célèbre est probablement la nébuleuse d’Orion (M42).

Située dans la constellation d’Orion, elle constitue une cible remarquable pendant les mois où cette constellation est visible.

À l’oculaire, elle apparaît comme une structure diffuse entourant plusieurs étoiles.

Mais il faut ici introduire une différence fondamentale entre observation visuelle et photographie.

Pourquoi les nébuleuses ne sont-elles pas aussi colorées que sur les photos ?

Lorsque vous regardez des photographies astronomiques, les nébuleuses peuvent présenter des couleurs rouges, roses, bleues ou vertes extrêmement intenses.

À l’oculaire, l’expérience est différente.

Notre œil devient très performant pour détecter de faibles quantités de lumière dans l’obscurité, mais sa perception des couleurs diminue fortement lorsque la luminosité devient faible.

Les nébuleuses apparaissent donc généralement dans des nuances de gris, parfois avec de très légères perceptions colorées sur certains objets brillants et selon les observateurs.

Une caméra fonctionne différemment.

Elle peut accumuler la lumière pendant plusieurs secondes, minutes ou même plusieurs heures, puis combiner de nombreuses images.

Elle révèle ainsi des couleurs et des structures que notre œil ne peut pas percevoir directement.

Une photographie astronomique n’est donc pas une représentation de ce que vous verrez exactement à l’oculaire.

Ce sont deux manières différentes d’explorer le même ciel.

Et les galaxies ?

Oui, il est également possible d’observer des galaxies avec un télescope amateur.

La galaxie d’Andromède constitue probablement l’exemple le plus connu.

Située à environ 2,5 millions d’années-lumière, elle est même perceptible à l’œil nu depuis un ciel suffisamment sombre.

Dans un instrument amateur, son noyau lumineux et une partie de son extension deviennent visibles.

D’autres galaxies peuvent également être observées, notamment dans les constellations de la Grande Ourse, du Lion ou de la Vierge.

Mais là encore, il faut avoir des attentes réalistes.

Une galaxie apparaîtra généralement comme une petite structure diffuse, parfois très subtile.

Et c’est justement ce qui rend l’expérience fascinante.

La petite tache lumineuse que vous percevez contient potentiellement des milliards d’étoiles et la lumière que vous observez a parfois voyagé pendant des millions d’années avant d'atteindre votre œil.

Le diamètre change-t-il vraiment ce que l’on peut voir ?

Oui.

Le diamètre détermine notamment la quantité de lumière que le télescope peut collecter et son pouvoir de résolution.

Un instrument de 150 mm permet déjà d’accéder à une très grande variété d’objets.

Passer à 200 ou 250 mm permet progressivement de révéler davantage de détails et de rendre certains objets faibles plus accessibles.

Mais le diamètre ne fait pas tout.

La qualité du ciel joue un rôle considérable.

La pollution lumineuse change beaucoup de choses

Observer Jupiter depuis un jardin périurbain est parfaitement envisageable.

Observer une galaxie faible sous un ciel fortement éclairé devient beaucoup plus compliqué.

La pollution lumineuse affecte principalement les objets du ciel profond.

Pour la Lune et les principales planètes, son impact est beaucoup plus limité.

Il n’est donc pas nécessaire d’habiter au milieu de nulle part pour commencer l’astronomie.

En revanche, déplacer occasionnellement son télescope sous un ciel plus sombre peut donner l’impression de découvrir un nouvel instrument.

Nous consacrerons prochainement un article complet à l’observation astronomique depuis une ville ou un jardin.

Les conditions atmosphériques sont tout aussi importantes

Un ciel sans nuages n’est pas forcément synonyme de bonnes conditions d’observation.

L’atmosphère terrestre est constamment en mouvement.

Ces turbulences peuvent dégrader la netteté des images, particulièrement lorsque l’on observe les planètes à fort grossissement.

Certaines nuits, Jupiter ou Saturne sembleront particulièrement nettes.

D’autres soirs, leur image semblera continuellement onduler.

Apprendre l’astronomie, c’est donc aussi apprendre à comprendre son ciel.

Alors, que peut-on voir avec un télescope de 150 mm ?

Un télescope de 150 mm correctement utilisé permet déjà d’explorer une quantité considérable d’objets :

  • les reliefs et cratères lunaires ;
  • les phases de Vénus ;
  • Mars lorsque sa position est favorable ;
  • Jupiter, ses principaux satellites et ses bandes nuageuses ;
  • Saturne et ses anneaux ;
  • de nombreuses étoiles doubles ;
  • des amas ouverts et globulaires ;
  • plusieurs nébuleuses ;
  • de nombreuses galaxies sous un ciel suffisamment sombre.

Et cette liste est très loin d’être exhaustive.

Le ciel évoluant au fil des saisons, de nouvelles cibles deviennent accessibles tout au long de l’année.

Observer, c’est aussi apprendre à voir

La première observation d’un objet du ciel profond peut parfois surprendre.

On cherche quelque chose de spectaculaire et l’on distingue finalement une petite tache grisâtre presque imperceptible.

Puis on observe plus longtemps.

Progressivement, certains détails apparaissent.

On apprend à utiliser la vision décalée, à choisir le bon grossissement, à laisser ses yeux s’adapter à l’obscurité et à reconnaître les conditions favorables.

L’observation astronomique est un apprentissage.

Et c’est précisément ce qui la rend passionnante.

Le télescope permet d’accéder au ciel.

L’expérience permet ensuite d’apprendre à réellement l’observer.

Si vous réfléchissez encore au choix de votre premier instrument, retrouvez également notre guide « Quel télescope choisir pour débuter en astronomie ? » dans Le Journal SEVUN.

Et surtout, lorsque vous effectuerez votre première observation, commencez simplement.

La Lune, Jupiter ou Saturne suffisent souvent à comprendre pourquoi autant de personnes finissent par passer leurs nuits dehors à regarder le ciel.

Voir aussi "Comment observer la Lune avec un télescope ?"

Voir aussi "Comment observer Saturne et ses anneaux avec un télescope ?"

Voir aussi "Première observation au télescope : comment réussir sa soirée ?"

Voir aussi "Pollution lumineuse : peut-on observer avec un télescope depuis son jardin ?"

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