Télescope 150/750, 200/1000… Que signifient vraiment ces chiffres ?
Lorsque l’on cherche son premier télescope, on rencontre rapidement des références comme 150/750, 200/1000 ou 250/1250.
Pour un astronome expérimenté, ces chiffres donnent immédiatement plusieurs informations sur l’instrument.
Pour un débutant, ils peuvent sembler assez mystérieux.
Pourtant, leur signification est très simple : le premier chiffre indique le diamètre du télescope, le second sa distance focale.
Et comprendre ces deux caractéristiques permet déjà de mieux comparer les instruments.
Premier chiffre : le diamètre du télescope
Prenons un télescope 150/750.
Le premier nombre, 150, indique le diamètre de son miroir principal, exprimé en millimètres.
Son miroir possède donc un diamètre de 150 mm, soit 15 cm.
Pour un télescope 200/1000, ce diamètre passe à 200 mm.
Pourquoi cette caractéristique est-elle si importante ?
Parce que le rôle principal d’un télescope est de collecter de la lumière.
Plus son diamètre augmente, plus la surface collectrice augmente également.
Un diamètre plus important collecte davantage de lumière
Il faut ici faire attention à une petite subtilité.
Passer de 100 à 200 mm de diamètre ne signifie pas simplement collecter deux fois plus de lumière.
La surface d'un miroir dépend du carré de son diamètre.
À géométrie comparable, un miroir de 200 mm possède ainsi environ quatre fois la surface collectrice d’un miroir de 100 mm.
C’est particulièrement important pour observer les objets peu lumineux du ciel profond : nébuleuses, amas ou galaxies.
Un diamètre supérieur permet également, lorsque les conditions sont favorables, de distinguer des détails plus fins.
Voilà pourquoi le diamètre constitue l’une des premières caractéristiques à regarder lorsque l’on compare des télescopes.
Deuxième chiffre : la distance focale
Reprenons notre exemple :
150/750
Le deuxième chiffre, 750, correspond à la distance focale du télescope, également exprimée en millimètres.
Sans entrer immédiatement dans des considérations optiques complexes, la focale caractérise la manière dont le système optique forme l’image.
Elle intervient notamment dans deux éléments importants pour l’observateur :
- le grossissement obtenu avec un oculaire donné ;
- le champ d’observation accessible.
Mais contrairement à une idée parfois répandue, une focale plus importante ne signifie pas automatiquement que le télescope est « meilleur ».
Comment calculer le grossissement ?
Le calcul est très simple.
Il suffit de diviser :
focale du télescope ÷ focale de l’oculaire
Prenons notre télescope de 750 mm de focale.
Avec un oculaire de 25 mm :
750 ÷ 25 = 30×
Avec un oculaire de 10 mm :
750 ÷ 10 = 75×
Avec un oculaire de 5 mm :
750 ÷ 5 = 150×
Le télescope ne possède donc pas un grossissement unique.
Ce sont les oculaires utilisés avec lui qui permettent de faire varier le grossissement.
C’est une notion essentielle à comprendre lorsque l’on débute.
Plus de grossissement signifie-t-il plus de détails ?
Pas nécessairement.
Il serait tentant de penser qu’il suffit d’utiliser un oculaire toujours plus puissant.
En réalité, augmenter le grossissement finit par dégrader l’image.
Elle devient plus sombre et les défauts liés aux turbulences atmosphériques deviennent davantage visibles.
Le diamètre de l’instrument impose également une limite pratique.
Selon la qualité de l’optique et surtout les conditions atmosphériques, on considère souvent qu’un grossissement de l’ordre de 1,5 à 2 fois le diamètre exprimé en millimètres représente déjà une plage élevée pour un instrument amateur.
Ce n’est cependant pas une frontière absolue : certaines nuits permettront davantage, d’autres beaucoup moins.
Le meilleur grossissement reste donc celui qui fournit le meilleur compromis entre taille, luminosité et netteté de l’image.
Que signifie alors le fameux « f/5 » ?
Les caractéristiques d’un télescope comportent souvent une autre indication :
f/4, f/5, f/6, f/8…
Il s’agit du rapport focal.
Il se calcule en divisant la focale par le diamètre.
Pour un 150/750 :
750 ÷ 150 = 5
Il s’agit donc d’un f/5.
Pour un 200/1000 :
1000 ÷ 200 = 5
Lui aussi est un f/5.
Et un 250/1250 donne également :
1250 ÷ 250 = 5
Ces trois instruments possèdent donc des diamètres très différents mais le même rapport focal.
À quoi sert le rapport focal ?
Le rapport focal donne plusieurs indications sur le comportement et les contraintes optiques d’un instrument.
Dans le cas d’un télescope Newton, un rapport focal relativement court, comme f/4 ou f/5, permet notamment d’obtenir une focale relativement contenue par rapport au diamètre.
Cela peut contribuer à conserver un instrument plus compact.
Les faibles rapports focaux demandent cependant davantage de précision dans la collimation et peuvent rendre certains défauts optiques, comme la coma en bord de champ, plus perceptibles.
À l’inverse, un Newton possédant un rapport focal plus élevé est généralement plus tolérant vis-à-vis de certains réglages, mais son tube peut devenir sensiblement plus long à diamètre identique.
Il n’existe donc pas un rapport focal universellement meilleur.
Tout dépend de l’usage recherché.
150/750 : pourquoi cette configuration est-elle si répandue ?
Le 150/750 constitue une configuration particulièrement intéressante pour découvrir l’astronomie.
Avec 150 mm de diamètre, l’instrument collecte déjà suffisamment de lumière pour explorer une grande diversité d’objets :
- la Lune ;
- Jupiter et ses principaux satellites ;
- Saturne et ses anneaux ;
- Mars lorsque les conditions sont favorables ;
- les étoiles doubles ;
- de nombreux amas stellaires ;
- plusieurs nébuleuses ;
- certaines galaxies sous un ciel suffisamment sombre.
Sa focale de 750 mm permet parallèlement de conserver des grossissements modérés avec des oculaires courants et d’accéder à des champs relativement larges.
C’est donc une configuration polyvalente, capable d’accompagner un débutant bien au-delà de ses premières observations.
Et pourquoi passer à 200 ou 250 mm ?
Principalement pour gagner en collecte de lumière et en résolution.
Un diamètre supérieur devient particulièrement intéressant pour explorer davantage le ciel profond et révéler progressivement des détails plus subtils.
Mais cette progression possède généralement une contrepartie :
l’instrument devient plus volumineux et plus lourd.
C’est pourquoi comparer uniquement les diamètres peut être trompeur.
Un télescope de 250 mm qui reste constamment rangé parce qu’il est trop contraignant à transporter observera beaucoup moins de ciel qu’un 150 mm utilisé chaque semaine.
Le diamètre ne doit donc jamais être considéré seul
Lors du choix d’un télescope, il faut mettre plusieurs caractéristiques en perspective :
Diamètre
→ quantité de lumière collectée et résolution théorique.
Focale
→ influence notamment le grossissement obtenu avec chaque oculaire et le champ accessible.
Rapport focal
→ renseigne sur certaines caractéristiques et contraintes optiques.
Monture
→ détermine en grande partie la stabilité et le confort d’utilisation.
Poids et encombrement
→ déterminent si vous pourrez réellement transporter et utiliser régulièrement votre instrument.
C’est l’équilibre entre tous ces éléments qui crée un télescope adapté à votre pratique.
Un chiffre ne définit jamais complètement un télescope
Deux télescopes annoncés comme 150/750 peuvent être très différents.
Ils peuvent utiliser des miroirs de qualités différentes, des porte-oculaires différents, des systèmes mécaniques différents ou être installés sur des montures radicalement différentes.
La rigidité de la structure, la précision des réglages, la qualité des oculaires et l’ergonomie générale jouent également un rôle majeur.
Les chiffres 150/750 permettent donc de comprendre les grandes caractéristiques optiques de l’instrument.
Ils ne permettent pas, à eux seuls, d’en déterminer la qualité.
Chez SEVUN, ces chiffres prennent une dimension supplémentaire
Le SEVUNSCOPE CORE 150/750 utilise précisément cette configuration optique.
Mais notre réflexion autour du diamètre va plus loin.
Le SEVUNSCOPE a été conçu autour d’une architecture modulaire, avec l’objectif de permettre à la plateforme d’évoluer plutôt que de considérer nécessairement chaque diamètre comme un instrument totalement indépendant.
Cette approche répond à une question que nous nous sommes posée dès le développement du projet :
pourquoi progresser en astronomie devrait-il systématiquement signifier remplacer son télescope ?
Nous reviendrons naturellement sur cette philosophie dans de prochains articles du Journal SEVUN.
Pour l’instant, retenez simplement ceci :
Dans 150/750 :
150 = diamètre du miroir
750 = distance focale
750 ÷ 150 = rapport focal f/5
Avec ces trois informations, les mystérieuses références inscrites sur les télescopes commencent déjà à devenir beaucoup plus faciles à comprendre.
Voir aussi "Quel grossissement utiliser avec un télescope ?"
Voir aussi "Télescope Newton : fonctionnement, avantages et limites"
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