Quel grossissement utiliser avec un télescope ? | SEVUN

Quel grossissement utiliser avec un télescope ? | SEVUN

Quel grossissement utiliser avec un télescope ?

Lorsqu’on découvre l’astronomie, le grossissement semble souvent être la caractéristique la plus importante d’un télescope.

Certaines publicités mettent d’ailleurs en avant des valeurs impressionnantes : 300×, 500×, parfois davantage.

Pourtant, un grossissement plus important ne signifie pas nécessairement une meilleure observation.

Dans de nombreuses situations, utiliser un grossissement plus faible permet même de voir davantage.

Alors comment choisir le bon grossissement ? Et surtout, quel oculaire utiliser selon ce que vous souhaitez observer ?

Le télescope n’a pas un grossissement unique

Un télescope ne possède pas réellement « un » grossissement.

Celui-ci dépend de la combinaison entre :

  • la distance focale du télescope ;
  • la distance focale de l’oculaire.

Le calcul est simple :

Grossissement = focale du télescope ÷ focale de l’oculaire

Prenons un télescope de 750 mm de focale.

Avec un oculaire de 25 mm :

750 ÷ 25 = 30×

Avec un oculaire de 10 mm :

750 ÷ 10 = 75×

Avec un oculaire de 5 mm :

750 ÷ 5 = 150×

Un seul télescope peut donc proposer des grossissements très différents simplement en changeant d’oculaire.

Si les notions de diamètre et de focale vous semblent encore abstraites, notre article « Télescope 150/750, 200/1000… Que signifient vraiment ces chiffres ? » permet de les comprendre simplement.

Pourquoi ne pas grossir au maximum ?

Imaginons que vous observiez Saturne à 100×.

L’image est petite mais parfaitement nette.

Vous passez à 200×.

Saturne devient plus grande et quelques détails supplémentaires apparaissent.

Vous essayez ensuite 400×.

La planète occupe davantage de place dans l’oculaire… mais l’image devient sombre, floue et instable.

Vous avez augmenté sa taille apparente, pas la quantité de détails réellement accessibles.

Tout instrument possède une limite de résolution liée notamment à son diamètre.

Et dans la pratique, une autre limite intervient souvent avant celle du télescope : l’atmosphère.

L’atmosphère limite souvent le grossissement

La lumière provenant des astres doit traverser l’atmosphère terrestre avant d’arriver jusqu’à nous.

Or celle-ci est continuellement en mouvement.

Les différentes couches d’air et leurs variations de température provoquent des turbulences qui déforment légèrement les images.

À faible grossissement, le phénomène peut passer presque inaperçu.

À fort grossissement, il devient évident.

Une planète peut sembler onduler ou perdre continuellement sa netteté.

C’est pourquoi un télescope capable théoriquement d’atteindre un grossissement important ne pourra pas nécessairement l’exploiter chaque soir.

Le ciel décide aussi du grossissement disponible.

Existe-t-il un grossissement maximum ?

On utilise parfois une règle approximative consistant à considérer qu’un télescope peut atteindre environ 1,5 à 2 fois son diamètre en millimètres dans de bonnes conditions.

Pour un instrument de 150 mm, cela correspondrait approximativement à :

225× à 300×

Mais il ne faut surtout pas interpréter cette valeur comme un objectif.

Selon l’instrument, l’objet observé et surtout la stabilité atmosphérique, le meilleur résultat pourra être obtenu à 100×, 150× ou 200×.

Certaines nuits exceptionnelles permettront davantage.

D’autres beaucoup moins.

La meilleure méthode reste donc très simple :

augmentez progressivement le grossissement tant que vous gagnez réellement des détails.

Faible, moyen ou fort grossissement ?

Plutôt que de chercher une valeur parfaite, il est plus utile de disposer de plusieurs niveaux de grossissement.

Faible grossissement

Environ 25× à 50×, selon l’instrument.

Il est idéal pour :

  • trouver un objet ;
  • observer de grands champs stellaires ;
  • certains amas ouverts ;
  • certains objets étendus ;
  • découvrir la Lune dans son ensemble.

C’est presque toujours avec le plus faible grossissement disponible qu’il faut commencer une observation.

Grossissement intermédiaire

Environ 60× à 120×.

Cette plage est extrêmement polyvalente.

Elle permet notamment d’observer :

  • la Lune avec davantage de détails ;
  • Jupiter ;
  • Saturne ;
  • de nombreuses étoiles doubles ;
  • certains amas globulaires ;
  • plusieurs objets du ciel profond.

Pour beaucoup de soirées, ce grossissement intermédiaire sera celui que vous utiliserez le plus longtemps.

Fort grossissement

À partir d’environ 120 à 150×, selon l’instrument.

Il devient particulièrement intéressant pour :

  • les détails lunaires ;
  • Jupiter ;
  • Saturne ;
  • Mars lorsqu’elle est favorablement positionnée ;
  • certaines étoiles doubles serrées.

Mais plus le grossissement augmente, plus la qualité du ciel, la collimation, la mise au point et la stabilité du télescope deviennent importantes.

Quel grossissement pour observer la Lune ?

La Lune accepte une très grande variété de grossissements.

Commencez autour de 30× à 50× pour observer son ensemble.

Passez ensuite à 75×, 100× ou davantage pour explorer les cratères et les reliefs situés autour du terminateur.

Lorsque l’atmosphère est stable, des grossissements beaucoup plus élevés peuvent révéler de très beaux détails.

Notre guide « Comment observer la Lune avec un télescope ? » détaille les meilleures conditions pour profiter de ces observations.

Quel grossissement pour Saturne ?

Saturne devient déjà très intéressante autour de 75×.

À environ 100× à 150×, ses anneaux sont clairement perceptibles avec un instrument adapté et les conditions peuvent permettre de commencer à rechercher davantage de détails.

Lorsque le ciel est particulièrement stable, augmenter encore le grossissement peut devenir intéressant.

Mais là encore, privilégiez toujours la netteté.

Nous avons consacré un guide complet à l’observation de Saturne et de ses anneaux dans Le Journal SEVUN.

Quel grossissement pour Jupiter ?

Jupiter est très lumineuse.

Un grossissement modéré permet déjà de distinguer ses principaux satellites et les grandes bandes de son atmosphère.

Une plage d’environ 75× à 150× constitue souvent un excellent point de départ.

Lorsque l’atmosphère devient stable, augmenter progressivement le grossissement permet de rechercher davantage de détails dans les bandes nuageuses et d’observer certains phénomènes liés aux satellites.

Et pour les galaxies et nébuleuses ?

C’est ici qu’une idée reçue doit être corrigée.

Les objets du ciel profond ne demandent pas nécessairement de forts grossissements.

Beaucoup sont étendus et peu lumineux.

Un faible ou moyen grossissement permet souvent de conserver un champ confortable et une image suffisamment lumineuse.

Certaines grandes structures nécessitent même un champ particulièrement large.

Cela explique pourquoi grossir davantage peut parfois faire moins bien voir l’objet recherché.

Comment choisir ses premiers oculaires ?

Il n’est pas nécessaire de posséder une collection entière.

Pour commencer, trois niveaux de grossissement cohérents couvrent déjà énormément de situations.

Avec un télescope de 750 mm de focale, on pourrait par exemple envisager :

25 mm → 30×
Pour le repérage et les observations à grand champ.

10 mm → 75×
Pour une utilisation polyvalente.

5 mm → 150×
Pour les observations planétaires et lunaires lorsque les conditions le permettent.

Ces valeurs sont uniquement des exemples : le choix dépend également du champ apparent, du confort de l’oculaire et de l’instrument utilisé.

L’objectif n’est donc pas de multiplier les oculaires, mais de disposer de grossissements complémentaires réellement utiles.

Qu’est-ce qu’une lentille de Barlow ?

Une lentille de Barlow est un élément optique que l’on place entre le télescope et l’oculaire.

Elle augmente la focale effective du système et permet donc d’augmenter le grossissement obtenu.

Une Barlow 2× transforme par exemple :

30× en 60× ;

75× en 150×.

Elle peut donc permettre d’obtenir davantage de combinaisons avec un nombre limité d’oculaires.

Mais comme toujours, augmenter mathématiquement le grossissement ne signifie pas que les conditions permettront réellement de l’exploiter.

La qualité de la Barlow est également importante.

La qualité de l’oculaire compte-t-elle ?

Oui, mais pas uniquement pour la netteté.

Un oculaire influence également :

  • le champ apparent ;
  • le confort de placement de l’œil ;
  • le dégagement oculaire ;
  • la qualité de l’image en bord de champ ;
  • la sensation d’immersion.

Deux oculaires de 10 mm peuvent donc procurer une expérience assez différente tout en donnant exactement le même grossissement.

Pour un débutant, le confort d’utilisation est souvent plus important qu’une multiplication des références.

Commencez toujours par le grossissement le plus faible

C’est probablement la règle la plus utile de cet article.

Lorsque vous recherchez un objet :

commencez avec votre oculaire offrant le plus faible grossissement.

Vous bénéficiez ainsi d’un champ plus large, ce qui facilite énormément le pointage.

Une fois l’objet trouvé :

  1. centrez-le ;
  2. réalisez précisément la mise au point ;
  3. observez quelques instants ;
  4. augmentez progressivement le grossissement ;
  5. arrêtez lorsque l’image cesse de gagner en détails.

Cette méthode simple évite énormément de frustrations.

Le meilleur grossissement n’est pas le plus élevé

Le grossissement n’est finalement qu’un outil.

Pour certains objets, 30× sera idéal.

Pour d’autres, 150× permettra de révéler davantage de détails.

Et certaines nuits, votre télescope vous offrira une image remarquable à 200× alors que le lendemain l’atmosphère rendra 120× plus agréable.

Apprendre à choisir son grossissement fait donc partie intégrante de l’apprentissage de l’observation astronomique.

Ne cherchez pas systématiquement l’image la plus grande.

Cherchez l’image qui vous montre le plus de choses.

C’est une différence simple, mais elle change complètement la manière d’utiliser un télescope.

 

Voir aussi "Télescope 150/750 : diamètre, focale et f/5 expliqués"

Voir aussi "Comment observer la Lune avec un télescope ?"

Voir aussi "Comment observer Saturne et ses anneaux avec un télescope ?"

Voir aussi "Premier télescope : 10 erreurs à éviter en astronomie"

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